L'équipe à terre 

"Chers amis Bigooders,

Chaque jour ou presque, nous recevons des remerciements et/ou des questions quant à l’équipe qui accompagne Jérôme ; alors, nous nous sommes décidés à éclairer les curieux ! Quitte à vous surprendre (et à vous décevoir), « l’équipe à terre » n’est en réalité pas bien grande ! 3 personnes oeuvrent quotidiennement à la bonne tenue de la Traversée aux côtés de Jérôme :

1- ⚓️ Dominique Conin, « routeur », qui permet à Jérôme de traverser l’Atlantique dans les meilleurs conditions maritimes. C’est son expertise qui sauve la mise à notre rameur débutant face aux caprices de l’océan. S’il guide Jérôme sur la route de la Martinique, il est aussi, et c’est capital, celui qui maintient son mental en bon état ! ⚓️

2- 📤Erika (rebaptisée Pénélope par nos soins), qui en plus de faire battre le coeur de notre rameur, l’attend patiemment en traitant chaque commande d’objets à l’effigie de la Traversée Bigood ou de la Fédération Leucémie Espoir passée sur le site de la Traversée. Supportrice de la première heure, elle a toujours cru en ce projet fou autofinancé par un Jérôme qui n’avait jamais ramé de sa vie ! 📥

3- 🖌Cathy-France Martin (Kate), rédactrice professionnelle et chargée de communication spécialiste des sujets de santé. Elle répond à vos messages, anime cette page quotidiennement et travaille avec Jérôme à la production des textes que vous pouvez y lire chaque jour. Elle est aussi- et surtout- la Maman de Circé, qui ne doit la vie qu’à un don de moelle osseuse inespéré. 🖌

Nous avons décidé de jeter un coup de projecteur sur le travail de Dominique. Un travail très technique, à forte responsabilité, sur lequel repose l’arrivée d’un Jérôme sain et sauf en Martinique. Dominique a accepté de nous expliquer ce qu’il fait et de répondre à une question toute simple. Que vous soyez marin averti ou néophyte, nul doute que ces explications retiendront votre attention...

On vous emmène en coulisses !

📌« Dominique, quel est ton rôle ? »📌

« Mon rôle consiste à aider Jérôme à réaliser le challenge qu’il s’est fixé : traverser l'Atlantique à la rame, de Hiero, dans l'archipel des Canaries, au Marin, en Martinique. Un bel exploit physique qui ne peut aboutir sans un mental en acier inoxydable (si on veut éviter qu’il ne rouille dans la tête). La performance sportive à la rame est une chose, mais la dimension mentale de l'épreuve en est une autre. Il faut être très fort mentalement si l'on veut aller au bout. Vivre dans un milieu hostile, humide, avec la remise en cause permanente de sa verticalité, les mouvements sans cohérence du bateau, l'inquiétude et le stress liés à la perception que les choses peuvent vite dégénérer, la conscience d'être loin de toute aide possible 60 jours, 24h sur 24, c'est long, très long...

Sur le plan de la trajectoire, la difficulté est de parvenir au sud de la Martinique dans une embarcation à la capacité d'évolution très limitée, par une vitesse faible, mais aussi, et surtout, avec une possibilité de direction très restreinte.

Tentative d'explication :
Par vent et courant nuls, Jérôme peut, en ramant, progresser dans toutes les directions possibles. S' il s'arrête de ramer, le bateau ne progresse plus. Quand le vent souffle, par exemple à une quinzaine de nœuds (28 km/h), il peut, en ramant, naviguer plein vent arrière, poussé par le vent, ou prendre une direction jusqu'à 30 degrés de part et d'autre de la direction où va le vent. Il dispose donc d'un angle d'évolution possible de 60 degrés (avec un bel effort de rame, il peut s'éloigner encore un peu plus de la direction du vent arrière, mais au fur et à mesure, sa vitesse va diminuer très rapidement).

S'il cesse de ramer (les 2/3 du temps il rame 8h par jour), soit il continue à avancer à vitesse moindre, plein vent arrière, ou jusqu' à 20 degrés de part et d'autre du vent arrière, soit il a une fourchette d'évolution possible de 40°.

Si le vent monte en intensité, à 25 nds ou plus, il peut naviguer vent arrière + ou - 20 degrés en ramant, et vent arrière + ou - 10 à 15 degrés sans ramer. Soit une fourchette d'évolution limitée à 40 degrés en ramant et 20 a 30 degrés sans ramer.

Plus le vent est fort, plus l'angle d'évolution possible diminue et se rapproche du plein vent arrière.

Les choses se compliquent avec la présence de courant, qu'on peut assimiler à un tapis roulant susceptible de l'emmener dans toutes les directions possibles. Ce courant peut lui faire faire du Nord quand il veut descendre au Sud, ou ... le faire reculer.

D'autres facteurs influencent encore la vitesse et la direction : la houle, (elle est essentiellement de travers tribord dans une telle traversée), les mers croisées chaotiques, (parfois telles, que ramer est impossible et non productif), et... le risque réel de chavirage.

Enfin les prévisions météorologiques sont en progression constante, mais gardent leur part d'erreur et sont limitées en échéance.

Voilà résumées les contraintes majeures qui limitent Jérôme dans ses possibilités de route.

Aussi, pour augmenter ses chances d'aller au bout de son challenge, Jérôme a décidé de faire appel aux services d'une personne qui reste lucide en dormant dans un vrai lit, qui accède à internet à un débit 100 fois supérieur au débit auquel il a droit avec son iridium, qui va pouvoir optimiser sa trajectoire, amener conseils et explications si besoin.

C'est mon rôle.

Analyser 2 fois par jour la situation et les prévisions, déduire la fourchette des trajectoires possibles, analyser la prise de risque pour ne pas se retrouver en impasse et aboutir à l’échec de la traversée, veiller à garder des ouvertures dans les scenarii d'évolution des phénomènes.

Pour diminuer la prise de risque, surtout dans ces latitudes où la prévision est souvent moins fiable, la confrontation de plusieurs modèles de prévision s'impose. Cela permet, en cas de divergence entre les modèles, et tant que l'observation des vents sur zone ou des images satellites n'a pas permis de connaître quel modèle de prévision est dans le vrai, d'opter pour une route conservatrice.

Le souci de trier les solutions où il y a peu à gagner et beaucoup à perdre, de celles où il y a peu à perdre et beaucoup à gagner, est constant. Ainsi que celui de toujours se projeter au-delà des prévisions, d’envisager la suite afin d'avoir un vrai projet de positionnement à 15 jours, qui n'hypothèque pas le reste de la traversée. Prévenir Jérôme sur les risques possibles : grains violents, vigilance si la mer va se durcir avec risque de déferlantes ou de vagues scélérates. » "

Texte de présentation (extrait de notre page Facebook)