MON HISTOIRE

Jeune garçon aux cheveux dorés, j'ai eu la chance d'être élevé dans la stabilité, avec la disponibilité et la tendresse d'une mère au foyer, ayant mis entre parenthèses sa carrière pour nous éduquer, ma sœur ainée de 2 ans et moi.

Durant l'enfance et l'adolescence, j'étais une personne discrète et timide ayant peu confiance en moi et cela se répercutait dans mes relations et mes résultats scolaires, peu recommandables. Je ne me sentais pleinement épanoui qu'à l'extérieur où je pouvais m'amuser, jouer de ce que les adultes appelaient "faire du sport".

Mon père m'a ouvert les yeux au monde subaquatique par le biais de la chasse sous marine. Un monde...ce mot reflète mon sentiment en allant à l'eau; je quitte les terriens, ne pense plus à ma vie là bas...Je me laisse glisser, voler dans cet élément liquide où les règles ne sont plus les mêmes. Nous y sommes bien étrangers, et s'abandonner à la mer n'est pas sans risque, aussi je suis toujours resté humble et d'une grande prudence en allant à l'eau. Il faut avant tout connaître ses propres limites, l'apnée ne pardonne pas: "Connais toi toi même" est une devise qui m'est chère. Cette activité me procure un bien fou, je me serais bien vu au temps des chasseurs cueilleurs, rien n'est plus gratifiant que de ramener sa propre nourriture de dame nature. Ramener de beaux poissons au domicile familial m'a toujours procuré une grande satisfaction.

Il m'a également fait découvrir la planche à voile et ses décharges d'adrénaline. Je faisais des régates en compétitions et finissais toujours 2ème derrière mon meilleur ami avec qui on se tirait la bourre. J'ai été victorieux une fois, mais il n'était pas là...Nous étions qualifiés pour passer au niveau Bretagne il me semble...mais cela ne m’intéressait pas, je faisais cela simplement pour me faire plaisir. Je n'ai jamais été en quête de grandeur.

La pratique du tennis reflétait bien mon caractère de l'époque. Je fuyais toute confrontation: soit j'étais meilleur et je gagnais, soit je perdais par mon absence de combativité, en m’effaçant...ou simplement par manque de talent. Je n'étais pas fait pour les sports collectifs, j'étais un solitaire.

Je me suis révélé et affirmé au long de mon parcours médical. La première année est une véritable épreuve et peu de gens misaient sur mes capacités à y parvenir. Mais on m'avait aussi dit que cette année s'apparente à un marathon...et ça, j'en suis capable. Constance et abnégation font parties de mes qualités. Je n'ai pas peur de souffrir, quoi qu'il en soit, je continue ma route comme lors de mes régulières escapades en vtt...pas de plan ni trajet prévu, je roulais, jusqu'à 160km. Je finissais toujours par y parvenir. J'obtins un poste de sage femme la première année avec après un cuisant échec à mes premiers partiels, ne sachant pas réellement travailler jusque là...Je recommençai pour obtenir avec brio mon concours de médecine, classé 8ème de promo sur 745 participants.

Ce concours m'aura apporté un peu plus d'assurance dans mes rapports avec les autres. C'est au travers de ce parcours, en trouvant ma place dans cette société que je me suis construit, dans les rapports avec les gens.

Au fil du temps, de voyages en voyages, mon goût particulier pour l'aventure s'affirma. Les voyages forgent la jeunesse , ils permettent une réelle prise de conscience et un certain recul dans la vie. En couple, en solitaire ou entre amis, j'ai toujours cherché à rester au plus proche de cette terre nouvelle pour pleinement la ressentir; en immersion avec les habitants en cherchant de véritables échanges, telle est ma philosophie.

J'ai commencé en marchant quelques jours sur le sentier côtier de la baie de Douarnenez un  lendemain de partiels, avec ma tente, un réchaud et une arbalète, sans provisions. Je demandais simplement un peu d'eau en chemin. La gendarmerie, alertée par un habitant de Lescoff voyant ma voiture immobilisée quelques jours, appela mes parents pour savoir depuis combien de temps ils ne m'avaient pas revu...Ils les rassurèrent en leur disant qu'ils ne lancent les avis de disparitions qu'à partir du 3ème jours...J'étais injoignable, téléphone bloqué...Au 3ème jour, à mon retour en date et heure prévues, je revois encore ma mère...livide.

Je récidivais en partant 3 semaines seul en Corse: 9 jours pour boucler le fameux sentier du GR20 puis road trip le long des différents golfes en dormant sur les plages, à la belle étoile. Je racontais mes péripéties au foyer familial, notamment une plongée aux côtés d'un thon rouge, moment fabuleux. 4 heures de palmage et des apnées en toutes sérénité par des fonds de 25m. Après un mauvais rêve paternel dans lequel je laissais ma vie à l'océan, et une absence de nouvelles durant près d'une semaine par manque de batterie (et oui...), j'eus mon paternel en larmes à mon retour à la civilisation. Je me promis de les rassurer plus régulièrement lors de mes prochaines escapades, et de ne plus leur narrer mes mésaventures comme celle d'un moment de profonde solitude d'une demi journée esseulé dans un désert de sel Argentin...une route, zéro voiture...J'avais de l'eau, et je suis d'une grande patience, d'un naturel contemplatif...cette situation ne m'était personnellement pas dérangeante.

Les pieds sur terre, la tête dans les nuages. Doux rêveur, je trace ma route sans jamais rien regretter, en profitant des déceptions notamment sentimentales pour rebondir, en n'en gardant que les meilleurs souvenirs. Je suis un homme heureux, parce que je fais en sorte de l'être dans mon quotidien: la clé du bonheur est dans le présent, en profitant de chaque instant, dans toutes situations. J'ai la chance de ne pas être malade ni d'avoir connu la perte d'un frère, d'un fils comme la plupart des membres de la fédération Leucémie Espoir se battant avec leur cœur pour les malades actuels et à venir...

 

Breton dans l'âme, j'ai également ce côté obstiné: lorsque j'ai pris une décision, on ne peut m'en faire dévier. J'aime aller au fond des choses et que ça soit bien fait. Mes grands parents étaient agriculteurs et m'ont enseigner les valeurs du travail. Le fruit du labeur est d'autant meilleur que l'on s'est donné du mal pour l'obtenir, tel un somptueux panorama après une rude ascension.

Pour ce qui est du reste...Il demeurera dans le domaine du privé...J'aime garder précieusement ma part de mystère, on ne me connait vraiment qu'en partageant des expériences, avec le temps. Si on a un bon fond, les relations se bonifient avec le temps.

© 2023 par PÔLENORD. Créé avec Wix.com

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